Pensées citoyennes

Pensée citoyenne sur l’individualisme.

Mes cours de sociologie  m’ont amené à réfléchir à la question de l’individualisme, et instinctivement je l’ai mise en relation avec les événements politiques du moment  (revendication de nos droits, manifs sauvages, occupation de lieux etc).  Dans cet article, je voudrai redonner du sens à la notion d’individualisme en la mettant en relation avec les concepts « d’apolitisation » et de « stigmatisation », qui à mon sens ont une relation directe avec cette société individualiste.

A force d’entendre ces concepts à tout va dans la bouche des médias et de nos professeur, nous en avons perdu sa réelle signification, ainsi que ses effets sur notre environnement social. Pourtant, ces concepts ne sont pas connotés de la même manière en sociologie, dans les médias ou dans le langage courant. Cet article vise à redonner sens à des concepts beaucoup utilisés et peu compris, afin d’en avoir un usage responsable et éclairé.

Afin de comprendre le concept d’individualisme et son impact politique, il s’agira dans un premier temps de déconstruire les prénotions d’usages le concernant. Pour ensuite, nous réaproprier ces termes. Pour cela, je citerai de nombreux exemples médiatiques et sociologiques. Pour approfondir le sujet, libre à vous d’effectuer vos propres recherches sur ces auteurs et/ou d’utiliser vos propres exemples (théoriques ou non).

    Pour commencer, je voudrai porter votre intérêt sur la pensée du sociologue Norbert Elias. Selon lui, le langage diviserait et séparerait les hommes, car étant en perpétuel mouvement et changement il est impossible de le comprendre dans sa totalité. Ainsi, dans ce bref article je vous propose d’énoncer un certain nombre d’exemple et de réflexion concernant le concept d’individualisme. Pour comprendre comment l’utiliser et dans quelles circonstances il détient tout son sens.

Dans L’individualisme et les intellectuels, parut en 1898, Durkheim pose un certain nombre de principes concernant le sujet. Premièrement, l’individualisme ne signifie pas être égoïste. deuxièmement il ne s’agit pas non plus d’une anarchie. C’est le résultat de nos société moderne. Les individus veulent penser par eux-même. Cela ne veut pas dire qu’il ne peuvent pas changer d’avis, mais ils veulent avoir le droit d’avoir le choix. En s’individualisant, ils se substituent de l’autorité (politique et social) pour prendre par eux-même l’espace social. L’autorité n’est pas abolie, elle est répartie entre chaque individu.

Mais du coup, que faisons nous des individus apolitisés ? Qui décide pour eux ? En effet, ce constat, nous amène également à repenser le terme « d’apolitisme ». Ce terme courant dans les discours médiatiques désigne souvent la jeunesse (nous).

Tout comme l’individualisme, il paraît être un fourre tout à connotation péjorative servant à diviser cette même jeunesse en la culpabilisant.

Anne Muxel, sociologue spécialiste de l’apolitisme, parle d’un désinvestissement des jeunes liés à plusieurs facteurs, dont un qui m’attire particulièrement pour cet article, qui concerne : le fait que les jeune « ont impression de ne pas être pris en compte par les instances de décisions ». Ce constat va de pair avec l’avancée de l’individualisme dans nos sociétés. Les jeunes ne se sentent pas représentés politiquement. Alors, quand Hollande parle de « priorité jeunesse » dans son discours, nous sentons que quelque chose cloche. Ces jeunes n’ont pas envie que l’on parle en leur nom. Qui d’autre qu’un jeune sait ce qui est bien pour lui ? Ainsi, l’individualisme diversifie les besoins et les attentes politiques.

Pour pousser la reflexion plus loin, je m’intéresserai donc au paradoxe du concept d’indivudualisme : entre péjoratif et appréciatif. lorsque François Hollande parle en son nom pour prendre des décisions au Mali, il est touché par le phénomène d’individualisation. Paradoxalement, le corps politique sensé représenté la totalité de l’Etat s’individualise et reproduit un modèle monarchique. Il ne représente plus une communauté – ici les citoyens français, mais parle en son nom (en utilisant le « je ») pour une communauté. La démocratie est ainsi mise en péril et la tentative de récupération du pouvoir par les individus est légitime.

L’exemple des nuits debout sont un bon exemple de ce qu’est une société qui s’individualise. En s’émancipant de l’autorité, les individus veulent pouvoir prendre les décisions par eux-même. Pour cela, ils vont proposé des initiatives allant dans leur sens afin de ne pas passer par un mode organisationnel qui ne les correspondrait pas.

L’individualisme n’est donc pas vecteur d’isolement, il rassemble des individus qui s’entendent sur un même principe pour ainsi avoir un projet allant dans le même sens. L’isolement provient principalement des propos stigmatisant un individu notamment par la culpabilisation. Les marginaux le sont parce qu’ils sont vu par d’autres groupes comme tel à cause de leur différence de norme et de valeur (Becker, 1963). C’est la majorité des individus et l’Etat qui définit ces normes.

Ainsi, pour vraiment répondre à l’égalité, l’Etat ne devrait pas prohiber des pratiques tel que l’usage du cannabis, car en le prohibant les usagers deviennent des « outsiders » et se voient isolés par les autres membres de la société. Et, grâce aux sondages nous savons que la majorité des français en fument (mais ça n’est pas le sujet).

L’individualisme est donc le fait de parler en son nom lorsque le sujet nous implique – et non pour toute sorte de sujet en dépit des groupes concernés. Ainsi, lorsque Hollande prend des décisions en son nom ça n’est pas de l’individualisme. Il reproduit le fonctionnement d’un système monarchique, en parlant en son nom pour tout une population. L’apolitisme correspond donc à la continuité logique d’abandon de cet autorité non représentative de nos idées respectives. C’est le résultat de l’incompatibilité entre nos idées (celle du peuple) et les idées du gouvernement.

Ces deux termes (l’apolitisme et l’individualisme) ne sont pas péjoratifs, les médias les utilisent en nous culpabilisant et nous stigmatisant. Mais montrons leur que leur menace ne nous divise plus. La réapropriation de ce langage et sa compréhension permet au contraire de nous unir. Car les seules personnes qui pouvons nous définir sont nous-même. Et l’homme plus que l’économie doit être au centre la politique, car c’est nous qui la gérons et non le contraire.

J.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s